tour d'ivoire


Cette pêur inexplicable de l'action, cette incapacité fondamentale à s'inscrire dans le mouvement des choses, et qui pousse l'être tout entier à se réfugier dans cette tour d'ivoire qui appartient au monde de la pensée. Un refus de la fugacité, du vivant, de l'incertain. Théoriser, conceptualiser, étiqueter, ranger chaque chose à sa place, afin d'éviter le grand effroi, celui d'avoir vécu sans comprendre, de s'être contenté d'être, les deux pieds bien dedans, immergé, transporté, d'avoir aimé, d'avoir haï, de s'être laissé tenter par la vie. Il est des gens qui nagent ; je suis celui qui, à l'écart, regarde vaciller les courbes de l'eau, et qui pourtant se noie.




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